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Jordi Savall et le Collegium Vocale Gent pour la première fois ensemble dans L'Orfeo de Monteverdi

17 August 2006

Bruxelles a de la chance avec le premier opéra de l’histoire de la musique. Après la version contemporaine de la chorégraphe Trisha Brown et du chef René Jacobs, à la Monnaie, le Palais des Beaux-Arts accueille, le mercredi 6 septembre, la reconstitution historique de L’Orfeo de Monteverdi, produite en 2002 par le metteur en scène Gilbert Deflo et le génial gambiste catalan Jordi Savall. Une production flamboyante à découvrir aussi en DVD (Opus Arte/Codaex). Salle Henry Le Bœuf oblige, on se passera des tableaux à la Poussin de Deflo, mais pas des ressorts dramatiques de la quête d’Orphée, le demi-dieu antique usant des charmes de sa lyre pour ramener des enfers Eurydice, sa promise, tuée par un serpent la veille de leur mariage. Détail piquant, aux côtés du Concert des Nations, de la Capella Reial de Cataluña et du Collegium Vocale Gent, c’est Montserrat Figueras, la femme de Jordi Savall, qui incarne la Musique, et sa fille Arianna, Eurydice. Epinglons encore la sincérité de Furio Zanasi en Orfeo et l’expressivité déchirante de Sara Mingardo, la funeste messagère venue annoncer la tragédie d’Orphée. Programme Capella Reial de Cataluña - Ensemble Le Concert des Nations - Ensemble Collegium Vocale Gent - Ensemble Jordi Savall - direction Furio Zanasi Orfeo - (tenor) Montserrat Figueras La Musica - (soprano) Arianna Savall Euridice - (soprano) Adriana Fernandez Proserpina - (contralto) Sara Mingardo Messagiera - (mezzo) Fulvio Bettini Apolo - (tenor) Romina Basso Speranza - (mezzo soprano) Antonio Abete Caronte - (basse) Daniele Carnovich Plutone - (basse) Carlos Mena Pastor - (contre ténor) Gerd Turk Eco - (ténor) Francesco Garrigosa Pastor - (ténor) Ivan Garcia Pastor - (ténor) Oeuvre Claudio Monteverdi Orfeo Prix € 57,00 - 47,00 - 37,00 - 27,00 - 22,00 - 17,00 Information et réservation 070 77 00 00 – www.klarafestival.be. Dans le cadre du KlaraFestival Coproduction | Festival Van Vlaanderen Bruxelles - BozarMusic Biographies Jordi Savall, direction Jordi Savall, violiste, chef d’orchestre, pédagogue et chercheur, a revalorisé la viole de gambe, ainsi que le patrimoine méconnu de la Péninsule ibérique. Il se forme d’abord au Conservatoire de Barcelone, puis à la Schola Cantorum Basiliensis. Il allie vivacité musicale et fidélité historique, et crée divers ensembles qui lui permettent d’interpréter un ample répertoire qui va du Moyen Âge au XIXe siècle : Hespèrion XX (1974) rebaptisé depuis 2000 Hespèrion XXI, avec la soprano Montserrat Figueras, La Capella Reial de Catalunya (1987) et Le Concert des Nations (1989). En 1991, il réalise la bande sonore du film d’Alain Corneau Tous les matins du monde dont il vendra plus d’un million d’exemplaires ! Suivront Jeanne la pucelle (Jacques Rivette), El pájaro de la felicidad (Pilar Miró) et Marquise (Vera Belmont). Il est couronné de plusieurs distinctions : Musicien de l’Année (1992, Monde de la Musique), Soliste de l’Année (1993, Victoires de la Musique), Medalla de Oro de las Bellas Artes, Docteur ‘honoris causa’ de l’UCL (2001), Docteur Honoris Causa de l’Université Catholique de Louvain (2002), ainsi que la Médaille d’Or du Parlament de Catalunya (2003) et le Prix d’Honneur de la Deutsche Schallplattenkritik. Parmi les plus récents de ses 160 enregistrements – le catalogue de son propre label, Alia Vox, fondé en 1998, contient à lui seul 45 titres -, citons entre autres, le disque autour d’Isabal I, Reina de Castilla ; les Concerts Royaux de Couperin ; les Grands Eaux Musicales et Altre Follie. Le Concert des Nations, ensemble Inspiré par l'oeuvre de François Couperin « Les Nations », qui représente la réunion des « goûts », mais aussi la prémonition d'une Europe de l'art, Le Concert des Nations, le plus jeune des groupes dirigés par Jordi Savall, naît en 1989. Créée durant la préparation du projet Canticum Beatae Virgine de Charpentier, cette formation répond à la nécessité de disposer d'un orchestre jouant sur instruments d'époque, capable d'interpréter le répertoire orchestral et symphonique, du Baroque au Romantisme (1600-1850). Avec des instruments originaux, cet ensemble est capable d'aborder un répertoire éclectique et varié allant des premières musiques pour orchestre (l'orchestre de Louis XIII, 1600-1650) jusqu'aux chefs-d’œuvre du romantisme, en passant par les auteurs essentiels du baroque et du classique. Dès ses premiers enregistrements, la volonté du Concert des Nations de faire connaître un répertoire historique et de grande qualité à partir d'interprétations à la fois rigoureuses et vivifiantes, est bien évidente : Charpentier, J. S. Bach, Haydn, Mozart, Haendel, Marais, Arriaga, Beethoven, Purcell, Dumanoir. Parmi les dernières productions nous trouvons des oeuvres de Lully, Biber J. S. Bach et Vivaldi éditées par Alia Vox, le label exclusif de Jordi Savall qui a reçu de nombreuses distinctions. Le Concert des Nations a débuté en 1992 avec l'opéra Una Cosa Rara de Martín y Soler puis avec L'Orfeo de Monteverdi (interprété pour la première fois en 1993) et représenté de nouveau en 1999, 2001 et 2002 au Gran Teatre del Liceu de Barcelone, au Teatro Real de Madrid ainsi qu'à Beaune, Vienne et Metz. En 1995, un autre opéra de Martín y Soler, Il Burbero di Buon Cuore, a été représenté à Montpellier, et en 2000, Celos aun del Ayre matan de Juan Hidalgo et Calderón de la Barca fut présenté en version concert à Barcelone et à Vienne. Les dernières productions d'opéra ont été : Farnace de Vivaldi, interprété pour la première fois au Teatro de la Zarzuela de Madrid (2001), puis à Bordeaux, édité en CD, et de nouveau Orfeo de Monteverdi enregistré en DVD par BBC/Opus Arte (2002). Capella Reial de Cataluña Ensemble Convaincus de l’influence déterminante que les racines et les traditions culturelles d’un pays exercent toujours dans l’expression de son langage musical, Montserrat Figueras et Jordi Savall ont fondé, en 1987, La Capella Reial. C’est l’un des premiers groupes vocaux dédiés à l’interprétation des musiques du Siècle d'Or sur des critères historiques et qui soit exclusivement composé de voix hispaniques et latines. Cette nouvelle « Capella Reial », appelée depuis 1990 La Capella Reial de Catalunya, est née sur le modèle des célèbres Chapelles Royales pour lesquelles les grands chefs-d’œuvre des musiques sacrées et profanes de la Péninsule Ibérique furent créés. Elle est le fruit de plus de 13 années de travail de recherche sur l’interprétation dans le cadre de la musique ancienne. Avec Hespèrion XX – fondé en 1973 – elle a pour principal objectif d'approfondir et d’élargir les champs de la recherche sur les caractéristiques spécifiques du patrimoine hispanique tant sur la technique vocale que sur la polyphonie mais aussi du patrimoine européen d’avant 1800. Cette formation se caractérise par sa vision interprétative de la voix prenant en compte tant la qualité du son dans son adéquation au style de l’époque, que la déclamation et la projection expressive du texte poétique, toujours au service de la profonde dimension spirituelle et artistique de chaque œuvre. Sous la direction de Jordi Savall, La Capella Reial de Catalunya développe une intense activité de concerts et d’enregistrements et participe dès sa fondation aux principaux festivals de musique du monde entier. Son répertoire et ses principaux enregistrements, publiés en 25 CD, vont des Cantigas de Alfonso X el Sabio et El Llibre Vermell de Montserrat au Requiem de Mozart, y compris les Cancioneros del Siglo de Oro et les grands maîtres de la renaissance et du baroque comme Mateu Flecha, Cristóbal de Morales, Francisco Guerrero, Tomás Luis de Victoria, Joan Cererols, Claudio Monteverdi, H. I. von Biber et, plus récemment, Narcís Casanovas, le El Misteri d'Elx et Isabel I-Reina de Castilla. Il faut encore souligner sa participation à la bande originale du film Jeanne La Pucelle (1993) de Jacques Rivette sur la vie de Jeanne d’Arc et aux opéras Una cosa rara de Vicente Martín y Soler, et L’Orfeo de Claudio Monteverdi, représentés dans le Gran Teatre del Liceu de Barcelone (en 1991 et 1993). Ce dernier a également été représenté au Teatro Real de Madrid (2000), à la Wiener Konzerthaus (2001), au Teatro Reggio di Torino (2002) puis de nouveau dans le Liceu de Barcelone reconstruit (en 2001), et enfin enregistré en DVD (BBC-Opus Arte). Collegium Vocale Gent Ensemble Créé en 1970 à l’initiative de Philippe Herreweghe, cet ensemble a acquis une renommée mondiale. Il est le premier groupe de chanteurs à appliquer à la musique vocale les nouveaux principes d’interprétation de la musique baroque ; pour ce faire, il restitue les partitions dans leur présentation originelle et réintègre des instruments d’époque. Cette formation a collaboré avec des chefs tels que Ton Koopman, Nikolaus Harnoncourt, Sigiswald Kuijken, René Jacobs, Daniel Reuss et différents orchestres tels La Petite Bande, le Koninklijk Concertgebouworkest, le Wiener Philharmoniker. Son répertoire comprend tant la musique polyphonique de la Renaissance et la musique baroque (et plus particulièrement Bach et Händel), que les musiques classique, romantique et contemporaine. Le Collegium Vocale Gent est l’auteur d’une discographie importante où il figure tantôt a cappella, tantôt accompagné par l’Orchestre des Champs Élysées ou l’Orchestre du Collegium Vocale Gent. Parmi ses derniers enregistrements, citons Tönet, ihr Pauken avec quelques cantates profanes de J.S. Bach, le Psalmi Davidis Poenitentialis de Lassus ou encore Canticle of the Sun de Goubaïdoulina. Les temps forts de la saison 2006-2007 comprennent entre autres la participation à la toute première édition de l’annuelle Bach-Academie en collaboration avec deSingel (Anvers) et, au printemps, un concert-voyage de Gand à New York pour lequel l’ensemble emmènera avec lui la Passion selon saint Jean de Bach. Le Collegium Vocale Gent bénéficie du soutien de la Communauté Flamande, de la Province de Flandre orientale et de la Ville de Gand. Interview Jordi Savall : « Une musique absolument pure » Jordi Savall, dans Tous les matins du monde, le film d’Alain Corneau (1991), vous ressuscitiez les morts et, dans L’Orfeo, vous faites chanter votre femme et votre fille. N’y aurait-il pas un Orphée qui sommeille en vous ? A la seule différence qu’il n’y a pas eu de tragédie dans notre famille ! C’est un mythe extraordinaire qui va jusqu’à se confondre avec le mythe du christianisme. Il y a une fascination pour la puissance incantatoire de la musique que l’on retrouve en Occident comme en Orient. Ce qui me marque dans cette œuvre, c’est que la musique nous parle d’une manière véritable. Elle parle le langage de l’émotion vraie. C’est une musique absolument pure. Vous qui la dirigez depuis 1993, à la tête de votre Concert des Nations, comment regagner cette justesse lorsqu’on a cette œuvre en soi depuis si longtemps ? La justesse n’a rien à voir avec le temps qui passe. Si l’on a le vrai regard, une vraie écoute, aussi bien intérieure qu’extérieure, on ne peut être qu’émerveillé devant des musiques comme celles-là, même à les avoir jouées mille fois ! Il y a une telle symbiose entre le texte et la musique, une telle puissance dans la manière de nous faire partager l’émotion à travers ce langage. Cela tient du miracle et me fait penser à une parabole d’un grand philosophe chrétien qui rappelait que dans les temps anciens, la musique et la parole étaient indissociablement liées… jusqu’au jour où un homme a menti. Comme la musique ne supporte pas le mensonge, elle est partie de la parole. Il a fallu attendre deux étapes pour les voir réconciliées : le chant grégorien où musique et parole s’unissent dans la prière ; et Monteverdi et son opéra. Dans L’Orfeo, on est en plein dans une vision néoplatonicienne où le musicien se fait le messager d’une musique idéale, d’une « musique des sphères »… L’Orfeo emprunte beaucoup aux traditions anciennes où l’équilibre et l’harmonie des sphères sont présents constamment. On évoque beaucoup ces sphères dans l’opéra, surtout à la fin, qui va beaucoup plus loin qu’un « happy end ». Elle résume une pensée philosophique : Orphée emmené par Apollon au cieux où il retrouve Eurydice. A contrario, Platon brocarde Orphée. Dans Le Banquet, il en fait un lâche, un « joueur de cithare » à la faiblesse prévisible (contre la volonté des dieux, il se retourne pour constater qu’Eurydice lui est bien rendue et la perd à jamais). Plutôt que de se tuer comme Alceste, il déploie ses charmes pour pénétrer dans l’Adès interdit… Orphée, le musicien, est-il le porteur de transcendance ou le maître des artifices ? Il y a beaucoup de versions différentes dans les mythologies anciennes. Ainsi, la version originale du livret de L’Orfeo s’achève par une fin tragique. Les furies lacèrent Orphée pour avoir douté, pour se lamenter sans cesse sur une femme qu’il ne reverrait plus. Monteverdi choisit toutefois une version positive du rôle d’Orphée… Son chant, pour convaincre Caron, le passeur des enfers, est d’une puissance sans commune mesure. Cet opéra nous apporte une vision pastorale du monde où les personnages sont bien dépeints. Il n’y a que les dieux et les demi-dieux qui chantent avec un chant orné et sophistiqué. Les humains gardent un langage plus simple. Retenons que Monteverdi met en avant la possibilité pour chaque personnage d’exprimer ses émotions de façon juste. On pourrait dire en boutade que L’Orfeo est le premier grand opéra où règne un équilibre absolu entre le texte poétique et la musique… et probablement le dernier. Propos recueillis par Xavier Flament Coordinateur de la rédaction – Bozar Magazine Claudio Monteverdi (1567 - 1643) - L'Orfeo Un DVD Opus Arte/Codaex Montserrat Figueras - Furio Zanasi - Arianna Savall - Sara Mingardo - Daniele Carnovich - Fulvio Bettini - Carlos Mena - Gerd Türk La Capella Reial de Catalunya - Le Concert des Nations Jordi Savall (direction) - Gilbert Deflo (mise en scène) - Brian Large (réalisation) Le public pour lequel a été composé l'Orfeo n'était ni une assemblée de courtisans, ni un public populaire. Il s'adressait à une association de lettrés dont les pensées sur l'amour, la vie et le monde étaient issues du vieux fond néoplatonicien. C'était aussi pour le commanditaire, le duc de Mantoue, une lutte de prestige avec Florence. Cette production de 2002, venue du Gran Teatre del Liceu de Barcelone, veut retrouver cet esprit de fête. Rien que l'entrée de Jordi Savall au son de la Toccata d'ouverture vaut la vision. Notre compatriote, Gilbert Deflo, avec l'aide de son décorateur William Orlandi, réussit avec brio à recréer les images et la lumière des peintures du Palazzo Ducale de Mantoue. Dans la fosse, Jordi Savall déploie toutes les couleurs chaleureuses de son somptueux orchestre. Et c'est d'ailleurs avec raison que l'excellent réalisateur, Brian Large, y plonge ses caméras. Comme Coppola dans sa trilogie du Parrain, Savall a fait appel à sa famille pour remplir la distribution. Ainsi, son épouse tient, admirablement, le rôle de La Musica et sa fille Arianna celui d'Euridice. Quand on a entendu le travail génial de René Jacobs (entre autre à la Monnaie avec Simon Keenlyside), on peut trouver frustrante la distribution vocale. Pas de défaut majeur, simplement des faiblesses individuelles (intonation souvent), mais pas de fortes individualités rayonnantes non plus. Ceci étant dit, tant que la Monnaie n'édite pas la vidéo de sa production René Jacobs / Trisha Brown, cette production est sans rivale. (Source : le choix des médiathécaires – 2003) L’Orfeo : argument Prologue La Musique exalte ses vertus et glorifie Orphée, qui grâce à elle a fait céder l’Enfer à ses prières. Désireuse de nous chanter l’histoire de ce demi-dieu, elle réclame le silence. Premier acte Les Bergers et les Nymphes se réjouissent de la fin des tourments d’ Orphée, qui a fini par attendrir le cœur de la belle Eurydice. Ils implorent la faveur d’Hyménée pour le couple dont ils se préparent à célébrer les noces par des chants et des danses. A la demande d’un Berger, Orphée chante son bonheur. Eurydice manifeste sa joie à la vue de son amant comblé. Deuxième acte Avec les Bergers, Orphée fait l’éloge de son pays que les dieux eux-mêmes affectionnent. Il évoque ses tourments passés, qui donnent plus de prix à son bonheur présent. Son exaltation est à son comble quand apparaît la Messagère, venue annoncer la mort d’ Eurydice, mordue par un serpent tandis qu’elle cueillait des fleurs pour la guirlande de ses cheveux. Le cœur meurtri, Orphée décide de mettre à l’épreuve le pouvoir de ses chants pour obtenir des puissances infernales la grâce de sa bien-aimée. Troisième acte Sous la conduite de la divinité Espérance, Orphée a atteint le fleuve au-delà duquel s’étend le royaume de la mort. En vertu d’une loi gravée dans le roc, l’Espérance doit le quitter. Resté seul, Orphée se voit interdire par Charon la traversée du fleuve. Mais Orphée chante, et après que le nocher s’est endormi sous le charme de ses accents, il s’ embarque et effectue la traversée. Les Esprits célèbrent le pouvoir de l’homme sur les éléments naturels. Quatrième acte Emue par la plainte d’ Orphée, Proserpine intercède chaleureusement pour lui auprès de Pluton. Subjugué par les prières de sa belle épouse, Pluton consent à la libération d’ Eurydice, à condition qu’ Orphée ne se retourne pas pour la voir, avant qu’il n’ait quitté l’ Enfer. Tandis qu’ Orphée ramène Eurydice à la lumière en rendant grâce à sa lyre, il s’ inquiète de savoir si son épouse le suit. Alarmé par un bruit, il craint que les Furies ne cherchent à la lui ravir et enfreint l’interdit. Eurydice se dérobe à ses yeux. Les Esprits la déclarent à jamais perdue pour lui, vainqueur de l’ Enfer mais vaincu par sa passion. Cinquième acte Revenu seul à la lumière, Orphée se lamente. Echo lui renvoie la finale de ses plaintes. Orphée fait vœu de ne plus consacrer ses chants qu’à l’éloge d’ Eurydice et décrie aigrement la conduite des autres femmes. Inquiet pour son fils que le désespoir pousse à l’indignité, Apollon descend du ciel et lui offre l’immortalité. Assuré de pouvoir contempler Eurydice parmi les étoiles, Orphée accepte les honneurs célestes. Les Nymphes et les Bergers se réjouissent de son apothéose et promettent le fruit de la grâce à qui sème dans la souffrance. Suivant la version originale du livret, Trisha Brown met en scène la mise à mort d’ Orphée par les Bacchantes.